#45 DIY et féminisme font-il bon ménage ?

Hello mes Beauties,

aujourd'hui, je vais vous parler d'un sujet culotté ! C'est une chronique que j'avais écrite il y a plusieurs mois pour Thème Radio et qui n'a finalement pas été diffusée.


Il y a donc déjà un moment, je suis tombée sur un article de Slate dans lequel la journaliste présente la préoccupation environnementale comme une possible aliénation de la femme.


Elle y exprime son ambivalence entre son sentiment de fierté du faire soi-même et la remise en question de son engagement féministe, décrivant une scène, qui vous est peut-être familière, dans laquelle elle se fait suer à confectionner ses produits ménagers tandis que l'homme avec qui elle vit est vautré sur le canapé devant une série, parce que le sort de la planète le préoccupe clairement moins qu'elle, et elle soulève cette question « Ai-je trahi les féministes qui se sont battues pour que les femmes puissent sortir de la sphère privée, se libérer d'un travail reproductif non rémunéré et aliénant ? "


C'est un fait. Les femmes sont plus touchées par la question environnementale que les hommes? Mais pourquoi? Est-ce inné, parce que les femmes sont plus sensibles, plus altruistes, qu'elles entretiennent un lien plus étroit à la nature? Est-ce acquis, du fait de leur éducation, du rôle social qu'on leur attribue : celui de prendre soin...?

C'est un fait. Un lien existe entre écologie et condition féminine. Mais ce lien est-il positif? ou négatif?


Cette forte présence des femmes dans les luttes écologistes n'est pas nouvelle. Né dans les années 1980 aux États-Unis, l'écoféminisme est un mouvement social et un courant d'idées qui allie écologie et féminisme. C'est l'écrivaine Françoise d'Eaubonne, cofondatrice du Mouvement de libération des femmes et du Front homosexuel d’action révolutionnaire, qui en a parlé la première en 1978. Cet écoféminisme, de type éthique, est en fait plus précisément une lutte "intersectionnelle", contre toutes les formes d'oppression : dominations de genre, de race, de classe, d’espèces, géographiques , d'orientation sexuelle, …

Les théoriciennes de l'écoféminisme établissent de nombreux liens entre ces luttes.

Mais c'est le capitalisme qui apparaît comme le lien le plus évident. Elles dénoncent un"capitalisme patriarcal" et l'avènement du capitalisme constitue selon elles une aggravation de la condition féminine et de l'exploitation de la nature;

Pour elles, la domination patriarcale s’est traduite par l’accaparement du pouvoir par des hommes. Elle a conduit à une séparation culture/nature, hommes/femmes, esprit/corps entraînant une attitude prédatrice, colonisatrice à l’égard de la nature, des sociétés non occidentales et des femmes.

Les écoféministes proposent de se réapproprier des modes d’expression et d’organisation contraires qui ont été dévalorisés : le pacifisme, le bien commun, la non violence, et de défendre des droits pour tous les humains, pour la nature, et pour les animaux.

En France, l’approche écoféministe reste largement incomprise, notamment parce qu’elle a été assimilée à l’essentialisme, qui veut que les femmes possèdent des qualités innées qui les prédisposeraient à des activités de soin alors que ce sont des aptitudes construites socialement. On pense aussi que souligner la connexion entre les femmes et la nature est sexiste, conservateur, alors que dans le monde anglosaxon, par exemple, on considèrecela comme progressiste, se rapprochant de la pensée hippie.

Parmi les critiques les plus fréquentes il y a aussi l'inquiétude que l'écoféminisme puisse rétablir le confinement des femmes au monde naturel, et par extension, réduire son monde au foyer.

Les femmes qui s'impliquent dans les manifestations, dans les associations écologistes, qui refusent les produits industriels et fabriquent tout elles-mêmes doivent-elle vraiment se sentir coupable de trahison à l'égard des féministes?

Les féministes se sont-elles battues pour que les femmes intègrent un système capitaliste phallocentré sur le passage duquel le gazon ne repousse plus?

Est-ce qu'être féministe aujourd’hui ce ne serait pas plutôt se battre pour que des valeurs positives de vie et de paix qui, traditionnellement et socialement sont rattachées à la femme, deviennent celles de tous? Pour que cet homme sur son canapé finisse par lever ses fesses parce qu'elles l'auront convaincu que c'est aussi son rôle de prendre soin et de se soucier d'autre chose que de son appendice?


Et vous, qu'en pensez-vous?


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